La base de tout bon ensilage : l'exclusion de l'air et le processus de fermentation
La qualité d’un ensilage se décide dès la mise en silo. L’objectif est de conserver la récolte le plus rapidement possible et de manière durable, à l’abri de l’air. Ce n’est que dans des conditions exemptes d’oxygène que les bactéries lactiques souhaitées peuvent commencer leur travail et déclencher le processus naturel de fermentation.
Au cours de la fermentation, les sucres présents dans les plantes sont transformés en acide lactique. Cela fait baisser le pH et permet de conserver l’ensilage. Pour que ce processus se déroule avec succès, une répartition homogène de la récolte ainsi qu’un compactage intensif sont essentiels. Les épandeurs d’ensilage modernes assurent une formation homogène des couches dans le silo mobile, tandis que des Rouleaux d’ensilage performants expulsent l’air emprisonné dans le fourrage.
Moins il reste d’oxygène dans la masse d’ensilage, plus la fermentation lactique souhaitée se déroule rapidement et de manière fiable. Le silo doit ensuite être fermé hermétiquement. C’est la seule façon d’exclure durablement l’oxygène et de permettre à l’ensilage de développer sa stabilité.
Une fois fermé, l’ensilage a besoin d’un temps suffisant pour la fermentation. Dans la pratique, un silo mobile devrait rester fermé au moins six à huit semaines avant le premier prélèvement de fourrage. Ce n’est qu’alors que la fermentation est en grande partie achevée et que l’ensilage atteint la qualité de fourrage souhaitée.
Si le travail a été effectué dans les règles de l’art, on obtient un fourrage de base de haute qualité, présentant une densité énergétique élevée et une bonne capacité de conservation. Le compactage à l’intérieur du silo constitue la base d’un ensilage stable à long terme. Cette structure doit, dans la mesure du possible, être préservée même après l’ouverture du silo.
Les défis estivaux liés au prélèvement d’ensilage
C’est précisément pendant les mois d’été que le risque de perte de qualité augmente considérablement. Des températures extérieures élevées, un ensoleillement intense et des nuits chaudes créent les conditions idéales pour des processus d’échauffement indésirables. Alors qu’autrefois, les heures nocturnes assuraient au moins un rafraîchissement notable, les températures restent aujourd’hui souvent à un niveau élevé 24 heures sur 24. Conséquence : la masse d’ensilage est soumise à une contrainte thermique permanente. Cette évolution n’est plus une exception depuis longtemps. Les étés sont de plus en plus chauds, les vagues de chaleur durent plus longtemps et les conditions météorologiques extrêmes se produisent plus fréquemment. Pour les exploitations agricoles, cela signifie que les exigences en matière de stabilité de l’ensilage ne cessent d’augmenter. En effet, chaque degré supplémentaire augmente le risque que des levures et autres micro-organismes s’activent dès que de l’oxygène pénètre dans l’ensilage.
C’est précisément pour cette raison que le choix d’une technique de prélèvement adaptée revêt une importance capitale pendant les mois d’été. Une surface de coupe propre et fermée joue ici un rôle central, car elle contribue à éloigner l’air chaud du reste de la cuve d’ensilage et à limiter l’entrée d’oxygène. Il est important que le compactage du silo restant soit préservé et que la pénétration d’oxygène soit réduite au minimum.
Si, lors du prélèvement, l’ensilage est déchiré, arraché ou fortement aéré, de nombreux points d’entrée d’air apparaissent. L’oxygène et la chaleur peuvent alors pénétrer nettement plus profondément dans le silo et y déclencher des processus biologiques qui restent d’abord invisibles.
Un prélèvement soigné, préservant la structure, ne protège donc pas seulement la quantité de fourrage présente au niveau de la surface de coupe. Il contribue de manière décisive à préserver l’ensemble du stock d’ensilage restant contre l’échauffement, les pertes de qualité et l’échauffement secondaire – en particulier lorsque la chaleur estivale devient une épreuve supplémentaire.
L’air chaud de l’été favorise les fermentations indésirables dans la masse d’ensilage
Tant que l’ensilage reste hermétiquement fermé, les acides formés pendant la fermentation garantissent des conditions de conservation stables. Cependant, si de l’air chaud pénètre dans le silo, les levures et autres micro-organismes indésirables redeviennent actifs.
Dans un premier temps, les levures commencent à dégrader les sucres et le précieux acide lactique. Ce processus génère de la chaleur. La hausse de la température accélère à son tour l’activité des micro-organismes – un cercle vicieux qui peut s’intensifier rapidement, en particulier lors des chaudes journées d’été.
Ce processus est appelé « réchauffement secondaire ».
Si l’apport en oxygène persiste, cela débouche souvent sur un processus de fermentation indésirable. La dégradation de l’acide lactique entraîne une nouvelle augmentation du pH de l’ensilage. L’effet conservateur diminue et les conditions favorables aux micro-organismes indésirables s’améliorent progressivement.
Si le bloc d’ensilage est en outre aéré par un prélèvement inapproprié, des fissures, des cavités et des voies d’entrée pour l’air chaud apparaissent. L’oxygène et la chaleur pénètrent ainsi plus profondément dans l’ensilage compacté. L’échauffement ne se limite alors plus à la seule surface de coupe, mais peut se propager progressivement à l’intérieur de la masse d’ensilage.
À mesure que l’échauffement s’accentue, les moisissures, les germes de pourriture et autres agents responsables de fermentations anormales trouvent des conditions de vie de plus en plus favorables. L’ensilage perd de sa stabilité et des composants précieux sont perdus.
Ce qui est particulièrement insidieux, c’est que ces processus sont souvent invisibles au début. Alors que la surface de coupe semble encore normale à l’extérieur, un réchauffement secondaire et des fermentations indésirables peuvent déjà se développer à l’intérieur du silo. C’est donc précisément pendant les périodes estivales chaudes qu’il vaut la peine de minimiser systématiquement l’entrée d’air grâce à un prélèvement propre et préservant la structure.
Les conséquences sont multiples :
Dégradation des nutriments précieux
Perte de valeur énergétique
Diminution de la qualité du fourrage
Diminution de l’appétibilité
Augmentation de la contamination par les moisissures
Baisse de la consommation alimentaire des animaux
Conséquences économiques de l’échauffement secondaire
Toute forme de réchauffement entraîne des pertes. L’énergie et les nutriments, qui avaient initialement été récoltés, transportés, compactés et stockés au prix d’efforts considérables, ne sont plus entièrement à la disposition des animaux.
Une partie du fourrage perd en qualité, une autre partie doit même, dans certains cas, être écartée. Un ensilage contaminé par des moisissures ou fortement réchauffé n’est plus adapté à une alimentation sans risque.
Il en résulte des coûts directs. L’échauffement entraîne une perte de matière sèche et de précieux nutriments, ce qui augmente les besoins alimentaires et peut nécessiter un apport supplémentaire d’aliments de substitution. Parallèlement, la charge de travail s’alourdit, tandis que d’éventuelles baisses de rendement chez les animaux aggravent encore les conséquences économiques. Dans un contexte de hausse des coûts de production, toute mesure visant à préserver la stabilité de l’ensilage et à réduire les pertes revêt donc une importance croissante.
Un point d’action important se situe précisément au niveau de la surface de coupe, car c’est elle qui détermine dans quelle mesure le reste de l’enrubannage reste protégé de l’oxygène.
– Henryk Schultz, coopérative agricole Oberes Elbtal Reinhardtsdorf e.G.
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Godet désileur pelle à griffes ou système de coupe – une différence décisive
Lors d’un prélèvement à l’aide d’un godet désileur pelle à griffes, l’ensilage n’est souvent pas séparé proprement, mais arraché du bloc d’ensilage. Ce faisant, les couches de fourrage compactées sont ameublies et la structure du silo restant est perturbée. Les répercussions ne se limitent souvent pas à la quantité prélevée directement. L’arrachement provoque des fissures, des cavités et des zones meubles par lesquelles l’oxygène peut pénétrer profondément dans le silo.
C’est notamment pendant les mois d’été que cet oxygène chaud supplémentaire crée des conditions idéales pour les levures et autres micro-organismes aérobies. Ceux-ci commencent à métaboliser les nutriments facilement disponibles du fourrage ensilé, générant ainsi de la chaleur. Il en résulte une augmentation des températures au niveau de la zone de coupe, une baisse de la qualité du fourrage et des pertes accrues de nutriments. Si ce processus n’est pas interrompu, l’échauffement peut se propager progressivement plus loin dans le silo.
Les systèmes de coupe adoptent donc une approche fondamentalement différente. Les pinces à désiler et les pelles de coupe séparent l’ensilage de la masse du silo par une coupe nette, au lieu de l’arracher.
Godet désileur pelle à griffes
Arrache le fourrage du silo et désagrège sa structure
Crée des fissures et des cavités permettant à l’oxygène de pénétrer en profondeur
Risque accru de fermentation anormale et de pertes de nutriments
Godet désileur trancheur et pinces à désiler
Coupe le fourrage proprement et préserve sa structure compacte
Laisse une surface lisse et empêche l’entrée d’oxygène
Meilleure stabilité de l’ensilage et meilleure préservation de la qualité du fourrage
Le premier facteur décisif est le Couteau tranchant soudé, sans excès de matière. Ainsi, le godet désileur trancheur ou la pince de coupe glisse uniformément à travers le bloc d’ensilage, sans s’accrocher au fourrage ni pousser la matière devant elle. Le fourrage est séparé proprement et n’est pas aéré.
Le deuxième facteur est la force de coupe élevée. Associée à l’arête de coupe tranchante, elle permet une coupe particulièrement régulière et assure un glissement parfait à travers le fourrage. L’arête de coupe pénètre de manière contrôlée dans le fourrage, au lieu de le repousser ou de l’arracher.
Le troisième facteur est la géométrie de coupe adaptée à l’ensilage. Elle favorise une coupe régulière sur toute la largeur de travail et garantit une séparation nette du fourrage. Il en résulte une surface de coupe aussi lisse et plane que possible, offrant moins de points d’entrée à l’oxygène.
Grâce à la combinaison de ces trois caractéristiques, le tranchant pénètre de manière uniforme dans la masse d’ensilage compactée et sépare proprement le fourrage. La structure environnante reste largement intacte et n’est ni déchirée ni aérée. Cela a un impact direct sur la stabilité de l’ensilage. Parallèlement, le risque de fermentation anormale et de pertes de nutriments diminue également. L’ensilage restant conserve sa qualité plus longtemps et est mis à la disposition des animaux avec une qualité alimentaire plus homogène. Chaque prélèvement soigné protège ainsi non seulement la quantité de fourrage nécessaire sur le moment, mais aussi l’ensemble des réserves restantes dans le silo.
La surface de coupe, un bouclier protecteur pour le bloc d’ensilage
La surface de coupe est la partie la plus sensible d’un silo mobile ouvert. Son rôle ne se limite toutefois pas à présenter un aspect propre. Elle forme bien plus un bouclier protecteur pour la masse d’ensilage située derrière, en particulier lors des chaudes journées d’été. Des mesures montrent que la surface de coupe présente souvent des températures plus élevées lors d’un prélèvement à l’aide de pinces à désiler ou de godets désileurs trancheurs à griffes qu’avec un godet désileur à griffes. Ce n’est toutefois pas la température directement au niveau de la surface de coupe qui est déterminante, mais la profondeur à laquelle cette chaleur peut pénétrer dans le silo. Grâce à la surface de coupe lisse et fermée des pinces à désiler et du godet désileur trancheur pelle, les températures élevées sont en quelque sorte bloquées au niveau de la surface de coupe. La densité du silo est préservée et la chaleur a nettement moins de possibilités de pénétrer dans les couches plus profondes. Alors que la surface peut être plus chaude, les températures à l’intérieur de la cuve d’ensilage restent nettement plus stables.
Il en va autrement lors d’un prélèvement à l’aide d’un Godet désileur pelle à griffes. Le fait de déchirer et d’ameublir l’ensilage crée de nombreuses cavités et voies d’accès. La température directement au niveau de la surface de coupe semble ainsi souvent plus basse, mais dans le même temps, la chaleur peut pénétrer beaucoup plus profondément dans la cuve d’ensilage. C’est notamment à des profondeurs comprises entre 40 cm et 100 cm que l’on mesure souvent des températures nettement plus élevées qu’au niveau d’une surface de coupe nette. Idéalement, l’ensilage devrait présenter une température de 15 °C à une profondeur de 40 cm. Les écarts de température importants entre la surface de coupe et les couches plus profondes sont particulièrement critiques. Des variations supérieures à 5 °C comportent un risque élevé de processus d’échauffement et peuvent compromettre la stabilité de l’ensemble du silo. La surface de coupe protège ainsi non seulement la zone actuellement visible, mais aussi l’ensemble des réserves fourragères restantes situées derrière elle.
Lutter activement contre le réchauffement estival
Après l’ouverture du silo, c’est toutefois avant tout la technique de prélèvement qui détermine dans quelle mesure l’ensilage conserve sa qualité. En été notamment, les températures élevées peuvent accentuer les effets de la pénétration d’oxygène et augmenter le risque de réchauffement. La surface de coupe joue ici un rôle central. Elle forme la frontière entre l’air ambiant et le bloc d’ensilage compacté. Si l’ensilage est extrait à l’aide d’un Godet désileur à griffes, sa structure est souvent désagrégée et l’oxygène peut pénétrer plus profondément dans le bloc d’ensilage. Il en résulte des risques accrus de réchauffement, de pertes de nutriments et une baisse de la qualité fourragère.
Le passage à un godet désileur trancheur ou à des pinces à désiler permet d’éviter ces pertes. Ces deux systèmes découpent proprement l’ensilage du bloc de silo, préservent le compactage et laissent une surface de coupe lisse. Cela réduit l’entrée d’air et améliore la stabilité de l’ensilage restant. Outre la garantie de la qualité du fourrage, ce prélèvement en douceur offre également des avantages économiques. Moins de réchauffement signifie moins de pertes d’énergie et de nutriments, une meilleure consommation du fourrage et une utilisation plus efficace du fourrage stocké.
Le passage du godet désileur à griffes au godet désileur trancheur ou aux pinces à désiler est une étape importante pour améliorer la qualité de l’ensilage et la rentabilité. En préservant le compactage dans le silo et en minimisant l’apport d’oxygène, on protège son stock de fourrage et on réduit durablement les pertes.

